Le marketing de l’incertain

Je viens de finir le livre « Tout savoir sur le marketing de l’incertain, méthode agile de prospective par les signaux faibles et les scénarios dynamiques ».

Avec un tel titre à rallonge, j’étais à peu près certain qu’il allait y avoir dans cet ouvrage un peu de tous mes centres d’intérêt : la prospective, le management dans un contexte incertain, le marketing de ce qui n’existe pas encore, la méthode agile …

Après l’avoir lu, et avec une pensée pour tous ceux qui comme moi sont capables de se jeter sur un ouvrage, juste parce qu’il a un titre « cool », j’ai estimé que je devais en faire un compte rendu. Il y a en effet le pire comme le meilleur dans cet ouvrage et les lecteurs potentiels doivent être prévenus !

Un manifeste du marketing de l’incertain.

Le titre est ambigu : vous avez bien lu « tout savoir sur le marketing de l’incertain ». Il aurait été plus juste d’écrire : «plaidoyer pour le marketing de l’incertain » ou « manifeste pour un marketing de l’incertain ».
Le but de cet ouvrage, est à mon avis de faire prendre conscience aux entreprises que, ainsi qu’elles avaient intégré le marketing dans les années 60 au côté de la direction commerciale, l’entreprise du début du 20eme siècle doit réellement intégrer la prospective en lui donnant toute sa place, sans attendre la trentaine d’année que le marketing a mis pour s’imposer dans les directions.

Une méthode de prospective

Après avoir expliqué ce qu’est la prospective, il décrit les méthodes qu’il préconise pour choisir et explorer des scénarios de prospective.

Vous devez selon Philippe Cahen :

1. Observer et recueillir les signaux faibles, ces petites informations, parfois anodines qui sont porteuses d’une réflexion sur notre société. (un boulot à temps plein à mon avis)

2. Travailler sur les fondamentaux du sujet de prospective. On y arrive en se posant des questions sur le sujet (par exemple, « qu’est ce qu’il est ? » et « qu’est ce qu’il n’est pas ? »)
3. Varier les points de vue, et les perspectives dans une démarche « out of the box »

4. S’adonner en groupe à un « bouillonnement créatif »
5. Elaborer des scénarios dynamiques (ca veut dire entre autre:« des scénarios extrêmes »)
6. Définir 6 à 8 variables communes aux scénarios dynamiques retenus
7. Croiser les variables et les scénarios dynamiques pour retenir 4 à 5 Scénarios dynamiques finaux
8. Hiérarchiser les scénarios et présenter au commanditaire

Tout ca vous semble peu clair et vous avez l’impression que je jargonne un peu ? C’est normal, j’utilise les mots de l’auteur. Il y a tellement d’idées et de concepts, que si je me mettais à les définir tous, il me faudrait plusieurs pages.

Ah, j’allais oublier…, pour l’auteur, la prospective est un sport qui se pratique en groupe !

Quelques idées et concepts faciles à intégrer et à retenir

« Voir le présent avec les yeux du futur » : c’est l’état d’esprit à avoir pour faire de la prospective. En tout cas ca marche beaucoup mieux que voir le « futur avec les yeux du présent », qui bride l’imagination et implique tout un tas de biais de perception.

L’ entreprise 2 D : celle qui est ancrée dans le présent et qui est dirigée par un manager (au sens gestionnaire du terme). L’auteur cite Microsoft et Carrefour dans cette catégorie (à mon avis cela veut dire que vous pouvez commencer à vendre vos actions de ces deux sociétés).

L’ entreprise 3 D : elle est décrite ainsi : un pied dans le présent et l’autre en suspension vers le futur. C’est une entreprise prudente qui assure ses bases tout en étant en quête du futur. L’auteur cite en exemple d’entreprise 3D, Apple et System U (conservez vos actions).

L’entreprise 4 D : Elle a son assise dans le présent mais un élan permanent vers le futur. Cette entreprise a intégré la prospective dans son fonctionnement quotidien.
Philippe Cahen cite Google et Auchan comme entreprises 4 D (faites ce que vous voulez de vos action, je ne suis pas conseiller boursier)

Maintenant le pire :

Vite écrit, pas relu !

Je crois bien que je n’ai jamais vu ça ! Plusieurs énormes fautes d’orthographe par page, une syntaxe approximative, des mots oubliés ou intervertis … Je crois même avoir vu des « / » remplacer la ponctuation à certains endroits …
Tout cela rend la lecture de l’ouvrage réellement pénible. Comment les éditions kawa ont-elles pu faire l’économie d’une relecture et d’un correcteur ? Ce souci d’économie très mal placé peut être à juste titre ressenti comme un mépris du lecteur. Vous aurez été prévenu.

Pour conclure :

Je suis un vieux con 2 D qui n’a pas compris que l’avenir de l’édition est au livre électronique écrit par sms, autoédité et non relu. Si vous êtes libéré de ces notions obsolètes que sont l’orthographe et la ponctuation, vous pouvez acheter ce livre.

Autres lectures

Je recommanderais vivement la lecture du cygne noir de Taleb, qui traite des évènements bouleversants qu’on ne voit pas arriver et dont je suis un grand fan.

Je suis en train de lire aussi « la grève » de Ayn Rand, dont je vous ferais peut-être un compte rendu sur ce blog. Ce livre est tellement « ultra libéral », que c’est peut-être « too much » pour moi. Par contre l’éditeur a fait un très bon travail de traduction et de relecture, et après avoir subi l’absence totale de travail éditorial des éditions kawa, je ne peux que lui dire : « merci, merci encore de faire votre métier ! ».


 

 

Partagez :
  • Print
  • Digg
  • StumbleUpon
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Yahoo! Buzz
  • Twitter
  • Google Bookmarks
  • Add to favorites
  • email
  • Netvibes
  • RSS
  • Scoopeo
  • Wikio FR
  • Blogosphere
  • Google Buzz
  • Wikio
Retweet
Publié dans Livres pour entreprendre Tagués avec : , , , , , , , , ,
3 commentaires sur “Le marketing de l’incertain
  1. avatar Joana dit :

    Merci pour ce compte-rendu d’un livre dont le jargon ne m’est pas trop inconnu étant donné que j’ai suivi les cours de prospective territoriale au CNAM en partenariat avec la DATAR.

    Mais, je pense que je commencerai par « les signaux faibles , mode d’emploi » pour m’imprégner des idées de l’auteur avant de me jeter, éventuellement, à corps perdu, dans « Le marketing de l’incertain »!

  2. avatar admin dit :

    Merci pour votre réponse à cet article,
    Il est toujours précieux d’avoir un commentaire de l’auteur.
    je n’ai pas encore lu votre ouvrage « les signaux faibles, mode d’emploi » mais j’en avais beaucoup entendu parlé.
    Ces questions de prospectives restent définitivement passionnantes.

  3. avatar cahen dit :

    Cher Ninj,
    vous avez raison, mille fois raison, sur les fautes d’orthographes trop nombreuses et j’en suis honteusement gêné lorsque je lis mon livre, surtout dans les premières pages écrites trop rapidement et mal reluse à la remise du « tapuscrit ».
    Le livre a mis 6 mois pour être écrit, je ne crois pas que ce soit trop rapide, il est vrai que j’écris lentement et n’ai pas une écriture automatique ce qui fait que mon livre est dense.
    Pour le reste, mais comme pour ces premiers points, vos commentaires sont tout à fait pertinents : merci.
    Et vous avez raison de recommander le Cygne Noir qui est aussi mentionné sur une page dans mon livre.
    NB : mon livre précédent, « les signaux faibles, mode d’emploi » a eu le prix de littérature de l’Académie de l’Intelligence Economique 2011. L’avez-vous lu ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*