L’art de se mettre sur la gueule avec ses associés.

Si vous avez déjà entrepris avec des associés, vous avez sûrement remarqué à quel point il est facile de se disputer avec eux.

En fait, ca ne rate tout simplement jamais ! Il m’a semblé indispensable de jeter quelques bases pour limiter les dégâts.

J’ai trois postulats de base : se « mettre sur la gueule » est bénéfique, le consensus n’est valable que si il est obtenu de haute lutte et l’ego est l’ennemi.

Avant tout : constituez des conseils de guerre élargis : ne restez pas strictement entre vous, il vous faudra au moins un arbitre et quelques experts intelligents pour vous aider à prendre des décisions.

Si vous êtes deux associés dans une scop ou à 50-50 au capital (ca c’est aussi mal que de croiser les flux dans ghost busters), cela devient vital.

1)Tous les consensus ne sont pas bons :

Au début, l’entente semble solide, et vos associés ont sans doute été choisis sur des critères de confiance et d’affinité personnelle. Alors c’est normal, vous n’avez pas voulu les vexer, vous avez gardé certains doutes pour vous afin de ne pas ébranler la cohésion du groupe. Vos associés ont fait de même, et petit à petit s’est constituée une fabuleuse montagne de non dits qui ne demande qu’à s’écrouler sur vous à la première épreuve. Au pire, vous vous êtes mis à pratiquer une forme monstrueuse de thèse-antithèse-synthèse (« dieu existe »-« dieu n’existe pas »-« dieu existe à moitié ») qui a accouché d’une usine à gaz qui échappe à tout contrôle.

Vous allez poser des règles au débat pour éviter cela et vous les rappellerez constamment :

Règle numéro un : « tout consensus sur une décision importante obtenu sans discussion est suspect »

Pratiquez la vieille technique de l’ « avocat du diable » : Si tout le monde est tout de suite d’accord, c’est que le problème n’a pas été discuté ! L’un des participants doit donc endosser le costume de l’avocat du diable et plaider contre la proposition retenue. Vous verrez que cela peut délier des langues et faire émerger des oppositions qui n’avaient pas été formulées.

 2) Le projet doit être au centre, pas les associés.

Il est effarant de constater le nombre de problèmes qui surgissent et relèvent de la psychanalyse plutôt que de la gestion d’entreprise ! (quoique cela ait peut être beaucoup à voir finalement …)

Les blocages viennent souvent de questions de personnes alors que les vrais problèmes sont sans doute ailleurs : l’ego empêche de réfléchir ensemble sur les vrais problèmes.

Règle numéro deux : Connaissez-vous les uns les autres.

Règle numéro trois : Les attaques personnelles sont interdites

Il faut en effet déminer le terrain : Utilisez des outils d’analyse de la personnalité et discutez des résultats en équipe. Les autres fonctionnent différemment de vous et comprendre leur point de vue peut éviter pas mal de dérapages.

Les attaques sur la personne doivent être proscrites. On ne dira pas : « bob, tu ne fais pas ton boulot alors que moi je me défonce ! », mais « il y a clairement un décalage entre les ventes réalisées et notre prévisionnel, nous devons trouver une solution ».

Considérez que chaque attaque sur la personne vous rapproche d’une situation de tension irréconciliable qui finira par paralyser votre entreprise. Considérez aussi que les attaques sur la personne sont surtout une excuse bien pratique pour ne pas mettre à plat des problèmes d’organisation souvent sévères.

3) Il faut que ca saigne !

Dans ce genre de débats, il faudra un vainqueur ! Le vainqueur dot être celui qui a les meilleurs arguments, ce qui n’est pas simple du tout à déterminer !

Des débats animés sont le prix à payer pour éviter la médiocrité. Il n’est donc pas grave que le ton monte et que la discussion soit éprouvante tant que la règle numéro trois est strictement appliquée (et que le dirigeant soit intraitable sur ce point).

Règle numéro quatre : les débats doivent avoir des règles

Règle numéro cinq : Tout ce qui est avancé doit être argumenté ET démontré

Règle numéro six : Hypothèses et expérimentations sont les bienvenues

Les règles du débat doivent être simples et il est important de les faire respecter. Elles doivent organiser le débat pour le garder centré sur le problème étudié et pour s’assurer que tous les points de vue ont pu être exprimés.

Je conseille vivement d’adopter quelques principes aux philosophes de l’antiquité comme « une proposition est soit vraie, soit fausse », ou encore, « on ne peut  pas affirmer une chose et son contraire ».

Quand un avis est donné, il faut à chaque fois définir ce qui relève des hypothèses (et devra être vérifié) de ce qui est déjà démontré. Il n’est pas grave que certains points restent en suspens après la réunion, du moment qu’ils ont été identifiés et qu’une action a été décidée pour éclaircir les choses.

Je sais que ceux qui voudront appliquer ces conseils le regretteront : « Un vrai débat ca prend du temps ! Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre ce temps, nous sommes une startup et chaque minute compte pour nous ! » ; Et puis il y a tous ces gens qui vont vous contredire et ne pas comprendre tout de suite à quelle point votre vision est géniale …

Mais au final vous constaterez que vous avez fait comme le troisième petit cochon de l’histoire : vous aurez pris le temps de poser des fondations solides, et quand le loup viendra (ou la crise), il pourra toujours souffler !

J’espère que ces quelques règles vous aideront à poser les bases de quelques confrontations homériques entre associés !

Enjoy !

A ceux qui trouvent que je dis trop d’âneries,  je conseille vivement : la vie de steve jobs (parce que la démocratie et les palabres ca va bien, hein !)

Pour les autres :

Je vous conseille vivement de voir le documentaire « a kind of monster » pour observer une entreprise ultra rentable dirigée par des associés à l’ego sur-développé traverser une période de crise.

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2 commentaires sur “L’art de se mettre sur la gueule avec ses associés.
  1. avatar Stef dit :

    Et alors? Plus rien depuis le 2 décembre !
    A quand le prochain article? Faut pas nous lâcher, surtout lorsqu’on est capable de faire des articles comme ça …

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